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Les animaux ont-ils des droits ?
Oui ou Non
Créé par bart il y a 61 mois
Depuis très longtemps les animaux sont exploités comme source de nourriture, force de travail ou encore en tant que cobayes.
Ce que nous infligeons aux animaux, nous ne l'infligeons pas aux autres êtres humains (en général) car au fil de l'histoire, une notion de Droit a émergé. De plus, il existe un grand fossé entre la représentation que nous avons des animaux et celle que nous nous faisons de nous-même. Sans cette discontinuité, il nous serait difficile de justifier cette différence de traitement.
Or, on peut se demander dans quelle mesure cette différence entre 'nous' et 'eux' est grande et également si cette différence peut justifier la différence de traitement.
Et si on s'accordait à dire que les animaux ont effectivement des droits au même titre que les êtres humains, jusqu'où devrait-on étendre cette 'protection' ?
Car si le fossé entre eux et nous semble grand, cela n'est plus le cas chez les animaux. Les singes ont-ils des droits ? Oui ! Les dauphins ? Oui ! Les chiens, les chats ? Oui ! Les vaches, les porcs ? Oui. Les hamsters, les souris ? euh.. oui.. Les lézards, les scarabées, les mouches ? ...
+163
Pertinent:1
Intelligent:1Droit = f(conscience) ?
L'absence supposée de conscience a été le principal argument pour ne pas respecter certains peuples et les femmes.
Si l'on garde cette notion de conscience pour définir des droits, alors il parait logique de redéfinir les droits en fonction du degré de conscience mesuré des espèces.
Mais reste à savoir si les droits doivent effectivement se baser sur le degré de conscience ?
+13
Mesurer la conscience
Par contre, je m'interroge sur la manière de mesurer cette conscience. (En fait je ne m'interroge pas, je pense qu'on ne peut pas la mesurer.) La seule chose que l'on puisse dire, à la limite, c'est :
"Je suis conscient, donc plus quelque chose me ressemble, plus il y a des chances que cette chose soit consciente aussi."
Ca suffit peut-être dans la vie de tous les jours, mais "scientifiquement" ce n'est pas satisfaisant. Pourtant, encore un fois, je pense qu'il faudra s'en contenter.

Constructif:1
Intéressant:1De l'art de la subjectivité
Certes, l'idée du droit proportionnel à la conscience est séduisante, voire logique (après tout quelqu'un s'est-il déjà demandé si il fallait accorder ou non des droits aux cailloux ?). Ceci dit, tout comme Steph, je pense que la mesure de la conscience est irréalisable car nous n'avons pas moyen de la mesurer de façon objective.
Ce débat me fait d'ailleurs penser à la controverse de Valladolid.
Au XVIème siècle, cette controverse vît s'affronter le moine dominicain Las Casas et le philosophe Sépulveda sur la question de savoir si les indiens d'Amérique possédaient ou non une âme et par voie de conséquence (raisonnement de l'époque) appartenaient ou non à l'humanité.
De la réponse à cette question devait découler alors l'arrêt ou non de l'esclavage dont ils étaient victimes (puisque si effectivement ils avaient une âme, on ne pouvait alors pas justifier l'esclavage vis-à-vis de l'église).
Les moyens de "mesurer" l'existence de l'âme des indiens d'Amérique étaient alors basées sur des expériences complètement subjectives.
Ca fait longtemps que j'ai vu le film donc je ne me rappelle pas de toutes ces expériences mais je me rappelle d'une scène où les moines voulaient voir si des indiens "avaient le sens de l'humour", c'est-à-dire si le bouffon du roi les faisait rire.
Bien sûr, les indiens ne rigolaient pas puisqu'il s'agissait là de la rencontre entre 2 cultures totalement différentes (et donc 2 cultures qui ne rigolaient pas des mêmes choses) mais le fait que les indiens ne rigolaient pas des pitreries du bouffon poussa l'assemblée chargée de se prononcer à penser que les indiens n'avaient pas d'âme.
Après, il s'agit là d'une scène tirée du film qui s'inspire des faits historiques donc je ne sais pas si cette expérience du bouffon a vraiment eu lieu au XVIème siècle. Ceci dit, elle illustre bien selon moi pourquoi la mesure de la conscience des animaux est totalement subjective.
+78
Pertinent:1Arrêter l'hypocrisie !
Les critères utilisés pour décider du respect accordé à un animal ne sont pas du tout des questions de 'conscience', de 'droit' ou encore d'intelligence. Non, le critère principal c'est "est-ce que l'animal est mignon ?". Bonjour la superficialité !
Dire que ce sont probablement les mêmes personnes qui s'offusquent à la moindre "discrimination"...
Il me paraît plus cohérent de choisir son camp carrément. Les animaux ont des droits, alors je les traite 'bien' sans distinction. Ou ils n'en ont pas, et je les 'méprise' sans distinction (qu'ils soient mignons ou non).
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